La Basilique Saint Pierre Et Le Vatican

La basilique Saint-Pierre, édifice le plus important du catholicisme, est une œuvre monumentale, impressionnante et incroyable. Sa construction à travers les décennies a vue se succéder les plus grands architectes et artistes de la Renaissance, notamment, Bramante, Raphaël, Michel-Ange et le Bernin. Listée au patrimoine mondial de l’humanité, la basilique n’en finit pas d’attirer les foules. Et, il n’est pas nécessaire d’être de confession catholique pour admirer et apprécier la beauté démesurée de l’ensemble d’œuvres qu’est cet édifice.

L’histoire de la construction

L’histoire de la basilique débute alors que Caligula fait construire un cirque privé sur l’actuelle place Saint Pierre entre 37 et 41 après J.C, le circus vaticanus. Néron en terminera sa construction. Le seul vestige demeurant de ce cirque est l’obélisque situé sur la place.

Crucifié la tête en bas, se disant non digne de mourir comme le Christ, l’apôtre Pierre meurt en martyr comme grand nombre de chrétiens en 64, lors des premières persécutions chrétiennes orchestrées par Néron. Pierre détient une place importante dans le christianisme. Jésus lui donne le nom de Pierre «Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église» (Mathieu 16 v.18).

Entre 326 et 333, à l’initiative de l’empereur Constantin, une première basilique à cinq nefs est construite autour du tombeau de l’apôtre après destruction des restes du cirque de Caligula et de Néron. Au XIV è siècle, pour des raisons politiques, les papes s’installent à Avignon et la basilique menace de tomber en ruines.

Le pape Jules II, en 1505, pense à rénover l’édifice pour qu’il remplisse sa fonction de basilique pontificale. Finalement, une démolition et une reconstruction seront préférées à une simple rénovation. Les plus grands artistes et architectes ainsi que leurs élèves se succèderont pendant plus de 120 ans, au service de pas moins de 20 papes pour réaliser une église plus vaste et plus moderne.

Bramante, le premier architecte choisi par Jules II imposa l’idée d’un intérieur en forme de croix grecque (quatre branches de même longueur) surmonté d’une coupole surbaissée inspirée du Panthéon. Raphaël reprend le flambeau après sa mort, proposant de transformer la croix grecque en croix latine mais cela n’aboutit pas. Lorsque le jeune artiste succombe à son tour plusieurs artistes prennent le relais jusqu’à Michel-Ange en 1547. Se sentant contraint et forcé de reprendre les travaux à la demande de Paul III, il déclare «Je n’entreprends cette tâche que par amour de Dieu et en l’honneur de l’apôtre.» C’est grâce à lui que le projet, qui n’avait pas beaucoup avancé depuis 40 ans, a abouti et il est celui qui a donné son allure actuelle à la bâtisse. Le Bernin termina l’œuvre notamment avec son incroyable baldaquin aux colonnes torsadées se trouvant devant l’autel. Il aménagea également la place Saint-Pierre entre 1656 et 1667. Quant à Carlo Maderno il mit un point final à l’édifice en s’occupant de la façade extérieure, surmontée de statues du Christ et des apôtres. Il dut également agrandir la nef en direction de la place transformant ainsi la croix grecque en croix latine.

La visite

Difficile de garder la bouche fermée une fois passé le seuil de la basilique. Tout y est monumental, de quoi rester sans voix. L’immensité du lieu suffit à donner le vertige, à se sentir minuscule au milieu de toutes ces œuvres. Une fois l’émotion première passée on s’attache à des parcelles. On observe les murs ornés de sculptures en marbre polychrome. On se perd dans les détails des représentations sculptées des saints. On lève la tête pour se plonger dans les plafonds qui ne semblent pas en finir. Et on se demande finalement comment tout cela est humainement possible.

Le baldaquin réalisé par le Bernin avec son bronze torsadé nous aspire une admiration indescriptible de par sa taille et ses détails. Nous succombons également devant ce vitrail et sa colombe dans l’autel où seul le pape est amené à officier. Les statues sont si nombreuses qu’on ne peut prendre le temps de les regarder toutes ou d’apprendre à les connaître. Comme hors du temps, nous ne pensons plus qu’à la beauté et au travail incommensurable que renferme ce lieu puis l’Histoire nous rattrape nous rappelant que Charlemagne a été sacré empereur en ces lieux.

Les yeux plein d’étoiles, nous foulons le marbre de la basilique à l’instar des dizaines de touristes venus admirer ce symbole d’architecture, de richesse, de beauté, de chrétienté. Nos photos ne sont qu’un infime panel de ce monument mais vous plongeront sans doute dans l’infinité de l’œuvre et de ses œuvres.

Les musées du Vatican

Ces lieux renferment plusieurs inestimables collections d’œuvres d’art en tous genres et de tous temps. Il est inutile d’espérer les voir dans leur totalité en une seule visite. Ainsi, nous survolons les principales salles des différents musées.

Dans le musée grégorien égyptien qui recèle des pièces rapportées d’Egypte sous l’empire romain, nous nous trouvons sans doute pour l’unique fois de notre vie, en présence du corps momifié d’une femme. Au musée Chiaramonti nous nous perdons parmi les centaines de bustes grecques et antiques, épatés par l’état de conservation de certaines pièces. La galerie des cartes nous impressionne plus par ses murs et plafonds remplis de peintures et de sculptures que par ses cartes en elles-mêmes. Traversant les chambres de Raphaël nous ne savons pas où donner de la tête tant les œuvres du jeune artiste sont nombreuses et impressionnantes. Dans la Panoteca nous admirons également le dernier tableau du peintre, La Transfiguration.

Enfin, nous pénétrons dans la fameuse Chapelle Sixtine où se réunit le conclave chargé de l’élection des papes. Michel-Ange, dont la véritable passion était la sculpture, accepta, non sans réticence, la commande du pape Sixte IV, à savoir, les fresques du plafond. Il se mit à l’ouvrage, travaillant seul de 1508 à 1512 et réalisa une œuvre monumentale représentant notamment, différents passages de la Genèse y compris La création de l’homme où Dieu et l’homme pointe chacun leur doigt vers l’autre. Sur le mur du fond l’immense Le Jugement Dernier qu’il réalisa entre 1535 et 1541 attire tous les regards.

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